PHOENIX

EDA-AU

Details

2020
Bureau de stabilité : Mc Carré Bureau de techniques spéciales : TS Solution, Thomas Leclercq
Description du projet
Le projet présenté est une transformation et rehausse d’un ancien lavoir d’Auderghem datant du siècle dernier, en une habitation unifamiliale 3 façades. Cet habitat fait partie d’un projet de réhabilitation et de re-densification d’un angle d’îlot comprenant 4 logements unifamiliaux mitoyens et un immeuble de 2 appartements.

La forme et la densité de l’angle de l’îlot et son articulation entre une voierie régionale et une petite rue de quartier ont constitué le principal enjeu de réflexion du projet. Si le vide a été l’élément modeleur des volumes, le plein s’est vu visité et revisité par des typologies peu envisageables au départ. La contrainte a forcé le chemin du projet.
L’habitation de 140m2 est composée d’un séjour avec cuisine au R+2 avec une toiture terrasse au-dessus, d’une chambre double et deux simples au R+1 et R0, d’une salle de bain, d’une buanderie, de sanitaires et d’un garage.
Le manque d’espace et de lumière au sol ne permettait pas de jardin. La terrasse en toiture et son rapport visuel au paysage boisé du Rouge-Cloitre et des intérieurs d’ilots relativise cette nécessité. Le parc est accessible à pied en moins de 2 minutes.
La spécificité du quartier avec des ruelles piétonnes très étroites perpendiculaires aux rues a inspiré le dispositif d’entrée et la réflexion sur la lumière naturelle. En effet, l’entrée est dans un creux qui offre une troisième façade avec des jeux de profondeurs. Ces espaces extérieurs semi-publics modifient le rapport à la rue et offrent une liberté d’appropriation à l’habitant.
La brique est le matériau dominant du quartier. Pour bénéficier d’une lumière diffuse là où la lumière directe n’existe pas, le choix s’est arrêté sur une version de briques à la teinte claire. Cette mono matière est coiffée par des feuilles métalliques noires : zinguerie, couvre-mur en retrait du bord, garde-corps plein.
L’angle aigu de l’îlot a orienté le projet vers une réflexion sur une typologie singulière et compacte capable de bénéficier de la lumière naturelle, de vues profondes et de privacité. Chaque logement du projet a induit l’autre et vice versa en composant la spatialité avec une partie des murs existants du lavoir. Véritable jeu de cache-cache, les baies, la cour intérieure, les creux des entrées et les terrasses en toiture offrent le maximum sans désavantager les voisins.
Habiter le séjour au R+2 permet de préserver l’intimité depuis l’espace publique immédiat et de bénéficier d’un maximum de lumière naturelle. Les chambres principales au R+1 sont également protégées des vis-à-vis avec l’espace public et, d’un point de vue climatique, des risques de surchauffe. Le R0 rassemble essentiellement des espaces de service et l’accueil.
Les garde-corps en tôle pleine et haut de 1,20m, privatisent la terrasse tout en conservant, même en position assise, les vues sur les paysages alentours.
Malgré les apparences d’imbrication des habitations notamment à l’arrière, chaque habitat est autonome, sans servitude, dispose d’une citerne d’eau de pluie, d’une toiture terrasse dimensionnée pour recevoir des jardins ou potagers.
Des équipements low technologies ont été préférés pour limiter les dépendances.
Les garages ont été intégrés au volume PEB et pré-équipés en vue de les transformer facilement soit en atelier, soit en quatrième chambre, le jour où la voiture ne sera plus une nécessité, voire partagée à Bruxelles.
Le projet conserve les éléments massifs du bâti existant en reconstruisant dessus, dedans, à travers, en remodelant le volume unique en éléments verticaux distincts qui accompagnent la dénivellation.
Convaincu des qualités de la terre cuite, les vieux murs ont par endroits été laissés bruts pour laisser des traces de l’ancienne atmosphère.
L’aspect mono matière a été poussé jusqu’aux linteaux, seuils et acrotères en briques collées, obligeant un soin des nœuds constructifs pour drainer les eaux d’infiltration. Ces dispositifs ont été rendus possibles grâce au génie et au soin des artisans maçons.
Du logement unifamilial adapté également à la cohabitation permet de densifier le bord de ville. Il ramène des familles en ville en préservant l’attrait de la proximité avec les vastes espaces de récréation des parcs et de la forêt de Soignes.
Il participe à la revitalisation de la qualité de vie du quartier abimé par la monofonctionnalité des immeubles de bureau du Viaduc Hermann Debroux, en visant une échelle plus humaine et en offrant une sécurité à l’espace public.
Par besoin de socialisation, les habitants occupent de manière informelle les trottoirs avec des sculptures, des plantes, des bancs et parfois des manifestes. Pour répondre à ce besoin, des espaces semi-publics en creux dilatent l’espace de la rue sous forme de niche ou de passage qui révèlent l’intérieur d’ilot.
Sa petite surface, sa compacité et son niveau passif limitent les coûts d’entretien et de charges. Cela rend le logement plus accessible et ralentit la gentrification.
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